VIOLENCES ARMÉES ET SANTÉ MENTALE À BENI (RDC)
Étude mixte exploratoire sur
la prévalence des symptômes de stress post-traumatique et les mécanismes de résilience
communautaire (2022–2025)
Par :
Eugène VOMBA, Psychologue clinicien.
RÉSUMÉ
· Mots-clés : Violences armées ; Santé mentale ; Stress post-traumatique ; Résilience communautaire ; Beni (Nord-Kivu) ; République Démocratique du Congo ; Approche mixte ; Programme mhGAP
0.
INTRODUCTION
Les violences armées à Beni (au
Nord-Est de la République Démocratique du Congo) ont entrainé une crise
humanitaire et psychologique majeure, perturbant la cohésion sociale et la
santé mentale des habitants. Ces violences incluent des massacres, des
enlèvements, des viols collectifs, et des destructions massives, avec des répercussions
psychologiques durables. Selon Herman (1992), « les expériences prolongées des violences extrêmes entrainent une
atteinte durable du sentiment de sécurité, de confiance et d’intégrité
personnelle, compromettant ainsi la
capacité des victimes à maintenir une stabilité émotionnelle et relationnelle ».
Les violences armées observées à Beni depuis plus d’une décennie maintenant sont
récurrentes, brutales et souvent dirigées contre des civils. Les attaques,
menées la nuit dans des zones rurales, instaurent un climat d'insécurité
permanent. Les ADF sont identifiés comme les principaux auteurs de massacres de
familles, de viols systématiques, de mutilations et d'enlèvements. Ces
violences ont perturbé les structures sociales, familiaux et communautaires,
générant un sentiment d'impuissance et une exposition constante au stress
chronique. C’est ce que démontrent Pynoos et Nader (1988) en stipulant que « l’exposition continue à la violence armée
favorise l’émergence d’un trouble de stress post-traumatique complexe, se
traduisant par des altercations persistantes des processus émotionnels,
cognitifs et interpersonnels ».
Ainsi, cette étude a comme
objectif de décrire l’intensité des symptômes de stress post-traumatique (SPT)
et les ressources de résilience chez les survivants des violences armées à
Beni, en mettant en lumière les symptômes cliniques prépondérants, les
stratégies communautaires d'adaptation, et les enjeux de la prise en charge
psychologique dans ce contexte de guerre prolongée.
1.
METHODOLOGIE
Cette étude mixte exploratoire
combinant une approche quantitative (PCL-5) et qualitative (entretiens
semi-directifs) a été faite auprès de 36 participants (19 femmes, 17 hommes) rencontrés
occasionnellement dans cinq localités (Mangina, Paida, Oïcha, Boikene, Mavivi).
·
Critères d’inclusion : résider dans la zone depuis au moins six mois,
avoir été exposé directement ou indirectement à un acte de violence armée,
consentement éclairé signé.
·
Critères d’exclusion : troubles mentaux graves antérieurs non stabilisés.
·
Outils : l’échelle PCL-5 a été traduite et adaptée linguistiquement (procédure
de traduction-retour). Les entretiens ont été conduits en swahili et français.
·
Analyse : les données quantitatives ont été traitées par statistiques descriptives.
Les entretiens ont été analysés selon la méthode thématique (Braun &
Clarke, 2006), avec double codage et vérification de la saturation des données.
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