Ce travail qui a porté sur « Problématique de la prise en charge psychologique et réinsertion sociale des enfants issus des groupes armés au centre de transit et d’orientation de l’ONG AJEDEC à Bunia en Ituri » avait comme objectifs, l’évaluation de la prise en charge psychologique des enfants issus des forces et groupes armés, des types de thérapies qu’ont suivi ces enfants au cours de leur passage chez l’ONG et de la qualité de formation ainsi que des kits nécessaires reçus par ces derniers lors de leur réinsertion sociale. La récolte des données s’est effectuée par l’entrevue en se servant de canevas constitué des thèmes auprès de 17 sujets recensés. Le dépouillement et traitement des données été axés sur le pointage et prélèvement de fréquence. Après analyse des données, nous avons découvert que les sujets ne recevaient que certaines thérapies notamment : thérapie du groupe (générale), thérapie de relaxation, thérapie individuel. Ils ne bénéficiaient pas d’une prise en charge adéquate, ils recevaient des formations adaptées mais étaient insuffisamment dotés des kits pour leur réinsertion sociale. Face à ces problèmes ; nous avions suggéré à l’ONG AJEDEC de renforcer les types de thérapies en ajoutant d’autres formes, réinsérer les ESFGA tout en les dotant des kits répondant aux différents domaines d’apprentissage et formation suivis.
Summary
This study, entitled « The Problem of Psychological Care and Social Reintegration of Children from Armed Groups at the AJEDEC NGO Transition and Orientation Center in Bunia, Ituri, » aimed to evaluate the psychological care provided to children from armed forces and groups, the types of therapies these children received during their time at the NGO, and the quality of training and necessary kits they received during their social reintegration. Data was collected through interviews using a thematic framework with 17 identified participants. Data analysis focused on frequency sampling and analysis. After analyzing the data, we discovered that the participants received only certain therapies, including: group therapy (general), relaxation therapy, and individual therapy. They were not receiving adequate support ; they were receiving appropriate training but lacked sufficient kits for their social reintegration. Faced with these problems, we suggested to the NGO AJEDEC that they strengthen the types of therapies offered by adding other forms, reintegrate the ESFGA (Early Childhood Social and Family Groups), and provide them with kits relevant to the different areas of learning and training they were undertaking.
Contexte d’étude et Problématique
La République Démocratique du Congo est l’un des pays travers le monde dont les enfants sont impliqués par force ou par obligation dans les conflits armés. Le recrutement et l’utilisation des enfants par les groupes armés est un phénomène connu depuis le conflit de soldats appelés « KADOGO » menaient la guerre contre le régime de MOBUTU (Amnesty international, 2003).
Il importe de faire remarquer que, depuis l’avènement de l’AFDL au pouvoir en 1997, bien des groupes armés, plus particulièrement l’Est du pays ont vu le jour et utilisent les enfants dans les conflits armés qui les opposent soit aux forces gouvernementales soit autres groupes armés.
A l’instar de quelques parties de la République Démocratique du Congo, la Province de l’Ituri connait depuis plus de deux décennies l’insécurité liée l’activisme des groupes armés tant locaux qu’étrangers, après les conflits communautaires dans le Territoire de Djugu entre 1999 et 2003, initialement fonciers, portant sur les limites de terre.
Plusieurs groupes armés actifs en Ituri comptent un nombre important d’enfants en leurs seins, utilisés dans les conflits armés qui les opposent aux forces gouvernementales et à d’autres groupes armés. Il s’agit des groupes armés tels que « CODECO », « ZAÏRE » dans le Territoire de Djugu ; « FRPI », « FPIC » dans le Territoire d’Irumu ; « ADF-NALU » dans le Territoire de Mambasa.
Or, le recrutement des enfants dans les groupes et les forces armées constitue une violation grave des droits de l’enfant de grandir dans un cadre qui lui garantit la protection tel que l’indique la Convention Internationale des droits de l’enfant (art. 19, 22, 32-35, 39 et 40)
En outre, au terme de l’article 53 de la loi portant protection de l’enfant en République Démocratique du Congo, « le recrutement forcé ou obligatoire des enfants en vue de leur utilisation dans les conflits armés » fait partie des pires formes de travail des enfants interdites par la loi et qui doivent être éradiqué d’ici 2025 selon la prévision ambitieuse de l’Objectif de de Développement Durable des Nations-Unies (loi 1109/09/001 portant protecti01, de l’enfant, du 10 janvier 2009).
Bien que la RDC soit signataire de ces instruments. force est de constater que les enfants sont associés aux groupes armés Ces derniers participent et assistent à des scènes de violences caractérisées par des tueries, des massacres, des viols des femmes et des jeunes filles des vols, des pillages, des incendies des maisons, des destructions méchantes des champs, des écoles, des centres de santés et des églises, etc. il faut ajouter ceux-là. la prise des produits psychoactifs : chanvre, boissons fortement alcoolisées et utilisation des potions magiques et des fétiches
De ce qui précède, nous pensons que ces enfants sont enclins présenter des perturbations de santé mentale en termes des troubles internalisés comme le stress posttraumatique, l’anxiété, la dépression, la faible estime de soi, etc. et les troubles externalisés tels que les troubles de comportement, notamment l’agressivité, la colère, la violence, le mensonge, le vol, l’hyperactivité, l’hypovigilance, etc.
Au regard de difficultés psychologiques et sociales liées à des situations des enfants dans les groupes armés, il s’avère important d’œuvrer en faveur de leur démobilisation ou sortie des groupes armés pour embrasser une vie normale dans la société.
Cependant, il n’y a pas au stade actuel, en Ituri, une structure de l’Etat qui prend en charge les enfants sortis des forces et groupes armés dans la province de l’Ituri hormis les quelques rares organisations non gouvernementales dont la principale est « AJEDEC » : Association des Jeunes pour le Développement Communautaire.
Ainsi, quelques questions fondamentales méritent d’être posées.
Les enfants issus des groupes armés bénéficient-ils d’une prise en charge psychologique adéquate au centre d’AJEDEC ?
Quelles formes de thérapie ont-ils suivi au cours de leur passage chez l’AJEDEC
S’agissant de la réinsertion sociale, bénéficient-ils des formations adaptées et des kits nécessaires pouvant leur permettre une bonne intégration dans communauté ?
Ces triples interrogations nous poussent alors à formuler les hypothèses suivantes :
Méthodologie
Notre population d’étude est mixte, elle est constituée des enfants du centre de transit et d’orientation et ceux qui sont dans les familles d’accueil. Certains ont été extraits occasionnellement, d’autres recensés. Pour vérifier nos hypothèses, nous avons utilisé la méthode d’enquête avec comme technique d’interviews. Le dépouillement des données s’est fait par la technique d’analyse de contenu. Le traitement a été réalisé grâce à la fréquence étant donné que la taille de l’échantillon est 17.
Présentations des résultats
A ce niveau il est question pour nous de présenter les résultats obtenus sur la problématique de prise en charge psychologique des enfants issus des groupes armés au centre d’orientation et de transit de l’ONGD AJEDEC Ces résultats sont présentés en fonction de deux thèmes retenus dans cette étude, à savoir les formes de thérapies et la satisfaction de services et de recours aux thérapies,
Formes de thérapie suivies chez l’ONG AJEDEC
Dans cette partie du travail, nous nous sommes proposé de connaitre les formes de thérapies utilisées par l’AJEDEC. Les résultats à cette préoccupation sont présentés dans les tableaux 2 à 3.
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