EPISCOPAX suivi de... ET VOS YEUX S'OUVRIRONT
Titre: EPISCOPAX suivi de .... ET VOS YEUX S'OUVRIRONT
Auteur: Augustin KAKINE AURELE et Blaise MUKAMA LONDO
Ville d'édition: BUTEMBO
Maison d'éditions: Editions J'écris, je crie
Année d'édition: 2024
Pages: 127
N° Dépôt légal: ZH 3.02409-57534
N° ISBN: 978-99951-52-11-8
Format: A5
RESUME
La résistance, puisque c’est de cela qu’il s’agit, il n’y a pas de genre littéraire qui puisse mieux l’assumer que le genre dramatique. De la tragédie grecque au théâtre contemporain, en passant par la comédie classique avec sa célèbre maxime « Castigat ridendo mores », on se demande si le théâtre doit rester un loisir aristocratique ou s’il doit être engagé politiquement. Si l’engagement consiste à alerter, défendre un point de vue ou contester un état de fait apparaissant comme injuste, alors on ne peut pas concevoir de théâtre qui ne soit pas engagé. Le propre de l’écriture théâtrale est d’engager une parole en action. Tel est le défi que se proposent de relever les auteurs de cette œuvre dans un contexte sociopolitique où la parole est bâillonnée.
DECOUVREZ QUELQUES PAGES INTERESSANTES
Akiba : Merci, Monseigneur.
Vieux (tournant encore instinctivement le dos à la porte) : Je vous en prie. Apprêtez mon outillage de mécanicien. Je voudrais changer le pneu crevé de ma jeep après avoir fini ce petit travail.
Akiba : D’accord, Monseigneur (Elle traverse comme pour se mettre au travail. A peine est-elle passée dans l’autre pièce, Rehema entre).
Rehema (habillé décemment, mais sans costume, avec une paire de lunettes, il portera partout une bible et un exemplaire de la constitution) : Dis donc, vieux, que faites-vous en ces lieux dans une tenue aussi peu décente ? Et le patron, où serait-il passé ?
Vieux (sans se retourner et en modifiant sa voix) : Bonjour, jeune homme. Le patron est juste là.
Rehema : Où est-il ? Vous voulez vous moquer de moi, vieil homme ?
Vieux (Il donne un dernier coup de marteau sur un clou, puis, se retournant et souriant) : Et comment donc ?
Rehema : Monseign…oh, nooon ! Toutes mes excuses, Excellence. J’ai cru que…
Vieux : Que c’était un petit vieux menuisier, sale ? Mais bien sûr ! C’en est un, c’est évident, Monsieur ! Akiba a eu exactement la même réaction que vous, vous savez ? Enfin, dites-moi, comment allez-vous ?
Rehema : Je suis vraiment navré, je…j’ai tellement honte, Monseigneur. Vous nous apprenez chaque jour à ne pas juger les gens sur leurs apparences
Vieux : A ne point les juger du tout, Rehema.
Rehema : Et c’est tout juste ce que je viens de faire…
MATTHIEU : (Avec regret) : ALIKO nous a laissé sans défense. Nous n’avons pas de chance.
JAMES : (Criant sur eux) : Un peu de tolérance, s’il vous plait ! Qu’avez-vous à hurler sur le nouveau guide de notre lutte comme des chiens affamés ?
MATTHIEU : Nous ne sommes pas des chiens, jeune homme ! (Tentant de l’intimider) Tu comprends ? Mais nous sommes affamés de paix, de justice et de dignité.
ISSE (Parlant de JAMES à MATTHIEU) : Le muet a trouvé une bouche. Et, pas la moindre, une bouche pleine d’insolence.
JAMES : Mes excuses. Pendant ce temps,
(D’ASSISE, qui ne comprend rien de l’attitude de SIMILE, va vers lui).
MATTHIEU (à ISSE) : Je parie qu’ils ne vont exceller que dans ces histoires de concubinage.
TATA MIAKA (Indigné) : Pouvons-nous une fois au moins, nous respecter ? Sans respect mutuel, pas de dialogue.
(On voit SIMILE passer un appel).
SIMELE : Oui, Monsieur l’Administrateur ! … oui … Je me souviens avoir fait cette demande expresse … oui … vous dites que la correspondance vous est parvenue ? … merci bien … oui … oui et quelle a été la résolution des notables de votre haute administration ?
ISSE (à MATTHIEU) : Tu l’écoutes. Il parle à l’Administrateur. Le type mange déjà à leur table.
SIMELE (poursuivant) : Merci, merci, merci ! Wow !
ISSE (L’interpellant) : A-t-il raccroché pour commencer à sursauter ainsi ? SIMELE se reprend. L’Administrateur raccroche.

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